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Présidentielle 2018 au Mali : la fiabilité du fichier électoral mise en doute

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Minusma/Flickr

A six mois de la présidentielle au Mali, des doutes persistent sur le fichier électoral dont l’audit est réclamé par des responsables politiques du pays. Ceux-ci déplorent la stratégie du gouvernement à faire profil bas sur l’initiative.

Acculé par des partis politiques, la société civile, le gouvernement a décidé de faire l’audit sur le fichier électoral. L’initiative est saluée par plusieurs acteurs du processus électoral, parce que permettrait de garantir la crédibilité de la prochaine présidentielle.

Selon le chargé à la communication du Parti pour le développement économique et la solidarité (PDES), Nouhoum Togo, l’actuel fichier électoral du Mali nécessite d’être « nettoyé » si le pays veut tenir une élection crédible. Pour l’instant, il « souffre de beaucoup d’anomalies », dénonce le responsable politique.

« Il faut nettoyer la base des données pour filtrer les doublons, les personnes décédées. Et à la même occasion intégrer les nouveaux majeurs qui sont estimés à 1 million d’individus », indique M. Togo.

« Nous souhaitons que le régime détruise publiquement les 900 000 cartes supplémentaires », clame Ibrahim Maiga

Ce cadre de l’opposition malienne a également précisé que l’audit permettrait de clarifier la situation de 900 000 cartes d’électeurs supplémentaires introduites sur le territoire par des membres du régime. Cette affaire embarrassante pour le gouvernement a été évoquée par le Bureau du vérificateur général de la République du Mali.

« Le gouvernement garde un silence autour de cette affaire. Il ne montre pas où se trouve ces cartes. Notre regroupement souhaite que le régime détruise publiquement ces cartes », insiste, de son côté, M. Ibrahim Maiga, membre du Projet d’appui au processus électoral du Mali (PAPEM). 

Qui doit effectuer l’audit du fichier électoral ?

Le secrétaire général du parti Parena, Djiguiba Kéita, pour sa part, prévient : « Nous ne voulons pas que le gouvernement fasse appel à une entreprise privée pour faire l’audit du fichier. Nous avons des experts au Mali qui peuvent le faire. Aussi, nous souhaitons que l’ensemble de la classe politique soit impliqué dans le processus. »

Le président Ismael Sacko du Parti social démocrate africain (PSDA), membre de la Convention de la majorité présidentielle (CMP), est également favorable à l’audit. Selon lui, tout bon démocrate doit soutenir la crédibilité et la sincérité dans l’organisation d’une consultation électorale.

« Mais si cette opération a pour objectif de ralentir le processus, nous estimons que l’audit et l’organisation matérielle de l’élection présidentielle doivent aller ensemble »,  martèle le leader du PSDA.

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