Accueil 1er Mai 2018 Mali : sur le Niger, l’orpaillage tue la pêche à petit feu

Mali : sur le Niger, l’orpaillage tue la pêche à petit feu

386
0
PARTAGER

A Bamako, l’utilisation des dragues le long du fleuve Niger par les chercheurs d’or pollue l’eau et met en péril l’activité des pêcheurs traditionnels bozo.

« Aujourd’hui nous ne gagnons pratiquement rien dans la pêche. Or, nous avons hérité ce métier de nos ancêtres. Beaucoup d’entre nous ne savent pas faire autre chose », s’inquiète Dramane Konta, le chef des bozo, les traits tirés,  un bonnet glissé sur le crâne. A Bozola, il est le maître du fleuve. Une centaine de familles sont sous ses ordres.

Son fils Ousmane Konta, 37 ans, n’est pas allé à l’école et n’a pas appris d’autre métier. Il est pêcheur depuis le bas âge. Selon lui, l’utilisation disproportionnée des dragues est récente au Mali mais ses conséquences sont énormes sur la pêche. « Il y a trois,  cinq ans on trouvait suffisamment de poissons ici.  Maintenant, on peut passer une journée dans l’eau pour deux ou trois kilos de poissons. Les dragues polluent l’eau, changent sa couleur en permanence et dispersent les poissons » déplore-t-il.

Le président de l’Association « sauvons le fleuve Niger » Thierno Mohamed Baldé, a dénombré environ 145 dragues le long des berges, dans les localités de Banancoro, Kéla, Séguéla, Bancoumana, Djoliba, vers la frontière guinéenne. D’après lui, parmi les exploitants figurent des Coréens, des chinois et des Maliens à qui l’Etat aurait attribué des permis. « Notre association a mené une mission sur le fleuve Niger. Ces orpailleurs utilisent le mercure, le cyanure et d’autres produits chimiques qui polluent l’eau » s’agace Thierno Mohamed Baldé. Et les pécheurs subissent directement les conséquences de cette pratique.

Lassina NIANGALY

LAISSER UN COMMENTAIRE

Envoyer votre commentaire
Merci d'entrer votre nom