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Niaréla : le parcours du combattant des fabricants de balais

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Depuis 2007, des jeunes guinéens fabriquent des balais en face du cimetière de Niaréla. Malgré les difficultés, ils demeurent toujours engagés

Des brindilles de balai éparpillées un peu partout, de la poussière, des cailloux déposés au- dessus de petits bancs. On est chez les fabricants de balais de Niaréla. Par terre, des ciseaux, des chambres à air usées, de vieux sacs. Près d’un mur, de gros sacs remplis de brindilles de balais non fabriquées et des balais fin prêts.

T-shirt bleu, pantalon gris, Justin Koivogui affirme qu’il exerce ce métier depuis plus de 10 ans.  Il soutient qu’il existe trois genres de balais à savoir, les brindilles de palmier « Sebe fouranan » et « Fautey » qui viennent de la Guinée Conakry et « Nougoumanie » dans la frontière Mali-Burkina Faso. « Nous envoyons de l’argent à nos correspondants en Guinée, respectivement dans les forêts de ’’Koya’’ et de ‘’Kisidougou’’ ». «Ceux-ci nous vendent le gros sac de balais (120 Kg) entre 80.000 FCFA et 115 .000 FCFA. Les frais de déplacement s’élèvent à 16.000 FCFA par sac. Nous achetons la chambre à air à 175F l’unité et le sac à 500F. On cède le balai à 175F. Sur un sac de 120 kg, on peut gagner 35 000 FCFA.

En outre, Justin Koivogui se plaint des problèmes financiers. « En tant qu’étranger, s’il faut payer le loyer entre 17.500 F et 25. 000 F la chambre, se nourrir, envoyer de l’argent au bercail et économiser, ce n’est pas facile », explique-t-il, les mains poussiéreuses, essayant  d’attacher ses brindilles de balais.

Assis au beau milieu de ses balais Mamadou Diaby se plaint de l’insuffisance de leur lieu de travail. « 18 places pour 35 fabricants, on a un vrai problème de place », renchérie-t-il en rangeant ses balais. « A l’arrivée de nos stocks de balais, pour avoir de la place, il faut se réveiller entre 3h et 4h du matin afin de réserver la place. A 6h heures du matin seulement, on n’a plus de place et on ne travaille pas ce jour », indique-t-il avec des gestes. Aussi pendant l’hivernage, nous enregistrons beaucoup de pertes car la pluie détruit nos balais à longueur de journée.

Par ailleurs, Moussa Diaby pense qu’ « on exerce tout simplement ce métier pour survivre sinon il ne nourrit pas son homme ». A ses dires, la fabrication des balais peut causer entre autres, des problèmes de nerfs au niveau du cou, le rhume, les maux de dos et de poitrine. Sans compter les blessures de main causées par les brindilles de balais.

Ces fabricants souhaitent avoir des places et magasins confortables afin de bien exercer leur métier.

Mariam Diabaté

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