Accueil Notre ville Mali : les services funéraires réclament la rémunération des heures supplémentaires

Mali : les services funéraires réclament la rémunération des heures supplémentaires

571
0
PARTAGER

Au Mali, les croque-morts, notamment ceux chargés des « corps non identifiés » se plaignent de leurs conditions de travail. « Chaque fois qu’un corps est abandonné quelque part, on nous fait appelle. Même si c’est à minuit », protestent-ils.

Cimetière de Niaréla, quartier populaire de Bamako. Une natte en paille et un coussin se trouvent juste à côté d’une tombe, à l’entrée même.  C’est le lieu de repos de Moussa. Mais il ne dort que d’un seul œil. Un coup de téléphone, annonçant la découverte d’un cadavre quelque part dans la capitale malienne, peut le réveiller à tout moment. « C’est pourquoi je suis toujours vêtu de mon uniforme de services funèbres », lance-t-il. Puis sur un ton révoltant, il balance : « mon métier doit être reconnu et récompensé. Ce n’est pas tout le monde qui accepte de le faire. » Sur le même ton, il poursuit : « si aujourd’hui nous abandonnons ce boulot, les autorités auront du mal à recruter des citoyens qui accepteront cette fonction. »

Le métier de Moussa consiste dans les faits consiste à la récupération des cadavres non identifiés ou abandonnés sur des lieux isolés. Dans les deux cas, avec ses collègues, ils passent par l’hôpital Gabriel Touré ou les autorités judiciaires pour établir des pièces justificatives avant d’inhumer les corps.

« Certains cadavres sont pourris. L’odeur nous dérange… »

Dans la capitale malienne, ils sont trois agents de la voirie et un superviseur à exercer ce métier au compte de la mairie. Le travail est intense et n’est pas confortable. Par semaine, les trois croque-morts de Bamako peuvent, au minimum, localiser et enterrer « quatre corps. »

Souvent, Moussa et ses camarades sont appelés à intervenir hors de la capitale. Mais les moyens de transport ne sont pas toujours au rendez-vous. « Il arrive que nous enterrons certains sur le lieu de découverte.» Les corps en question, estime Moussa, sont très souvent en décomposition.

« Certains cadavres sont pourris. L’odeur nous dérange, mais nous arrivons à les enterrer obligatoirement », souligne-t-il. Contrairement à ses collègues, Moussa est dans ce travail depuis seulement neuf mois. Et il doit déjà faire avec la discrimination au sein de la société malienne. « Certains me traitent de tous les maux, d’autres ne me considèrent même pas, mais c’est mon métier je le fais avec amour », affirme-t-il.

Heures supplémentaires non rémunérées

La non-prise en compte des heures supplémentaires de travail frustre ces employés de la mairie du district de Bamako. Il n’y a pas d’heures de travail fixes. Moussa s’en désole: « nous travaillons à tout moment, pendant que d’autres dorment. Parfois on nous signale des corps abandonnés hors de la capitale à des heures tardives. Nous passons des nuits blanches. »

Pour le moment, les croque- morts de Bamako continuent de travailler et d ‘accomplir « leur devoir » malgré les conditions difficiles. L’odeur de certains cadavres pourris, les déplacements hors Bamako sans moyens nécessaires restent toujours des points de combat.

Mohamed Salaha

LAISSER UN COMMENTAIRE

Envoyer votre commentaire
Merci d'entrer votre nom