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Kalaban Coro : les transporteurs de sable en colère

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Les transporteurs de sable de Kalaban Coro font face depuis trois mois à des mesures restrictives de circulation sur la route de Kabala. Une mesure prise après la mort de plusieurs étudiants sur cet axe périphérique de Bamako. Ils dénoncent l’état de fait.

Au bord du fleuve Niger, un monde grouille. Des dépôts de sable, des camions bennes en chargement, des huttes installées s’offrent au regard. Sous un soleil torride, les ouvriers chargent des camions de sable. Une course contre la montre. « Le maire de Kalaban Coro a interdit aux camions bennes de circuler sur la voie entre 6 heures  à 9 heures et 15 heures à 17 heures 30 minutes, tous les jours ouvrables. Ils disent que c’est pour éviter les accidents avec les étudiants qui partent à l’université », informe Abdoulaye Sangaré, du dépôt de sable et gravier de Kalaban Coro. Assis à même le sol, visage marqué par un dur labeur, Sangaré surveille les ouvriers qui opèrent l’un des derniers chargements de la journée avant l’arrêt.

Depuis plus de trois mois, c’est l’impasse quotidienne. La vie tourne au ralenti et la colère gagne les victimes.  « Comment vous allez construire une université, avec tout un monde, sans aménager d’abord une route ? C’est obligatoire qu’il y ait des accidents », accuse Daouda Ongoiba, chef des transporteurs.

Si l’interdiction a un impact sur les revenus, les rackets des policiers et gendarmes agacent encore plus. « Même quand nous sommes en règles, la police nous arrête. On donne de l’argent non seulement à la gendarmerie  mais aussi à la mairie », vocifère Ongoiba, tête rasée, barbe fleurie, se demandant comment ils allaient subvenir aux besoins de leurs familles. Chez le  responsable du dépôt de sable et gravier, l’incompréhension est grande. « On paye nos taxes, le gouvernement nous donne le papier pour travailler mais la mairie nous l’interdit. Comment nous allons gagner si on ne peut pas transporter ? », se demande-t-il, cloitré sous une hutte en plein air.

Tout autour du lieu d’extraction, des cahuttes en désordre. Des chauffeurs, apprentis et vendeuses ambulantes s’y reposent. Au bord de la rue, les camions sont arrêtés au grand désarroi des transporteurs. Ils lancent un appel pour que l’interdiction prenne fin.

Acherif Ag Ismaguel

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