Accueil Nos rencontres Portrait : Alima Coura Mariko, première conductrice de train en Afrique de l’ouest

Portrait : Alima Coura Mariko, première conductrice de train en Afrique de l’ouest

232
0
PARTAGER

A 39 ans, Alima Coura Mariko a été la première femme à prendre les commandes d’un train dans toute l’Afrique de l’ouest. Courageuse, elle est décidée à relever le défi du genre.

Dans une grande cour, des vieux wagons un peu partout. On est dans le dépôt ferroviaire Dakar-Bamako, dans la capitale malienne. Il est 9h. Alima est déjà sur place et commence à chauffer le wagon. « C’est mon quotidien », affirme-t-elle, souriante, occupée à conduire son wagon.


Le métier, Alima l’a commencé en 2007, date de son recrutement dans le chemin de fer. Mais c’est en 2009 qu’elle a effectué son tout premier voyage. Et pas n’importe lequel ! Elle devait conduire un certain Amadou Toumani Touré, alors président de la République, de Bamako à Kayes. « En réalité j’avais peur, mais avec la présence de la population qui m’acclamait, je me suis ressaisie et tout s’est bien passé », se souvient  la diplômée de l’Ecole technique moderne.

Avec plus d’une centaine de voyages à son compte, ce sentiment de peur a disparu. « Je suis contente chaque fois que je monte à bord. Les riverains m’admirent et m’encouragent », affirme-t-elle émue. Avant de poursuivre : « les gens sont impressionnés de me voir conduire. Je me dis qu’ils se sentent en quelque sorte rassurés. » Pour son collègue Yamadou Diallo, Alima est non seulement « courageuse, mais surtout une battante qui conduit très bien. »

Métier et vie de foyer

Aujourd’hui, mariée et mère de deux enfants, Mme Gouanlé Alima Coura Mariko affirme n’avoir aucun problème à conjuguer vie professionnelle et vie familiale. « Ma famille me soutient vraiment. Mon mari me comprend. C’est d’ailleurs ma belle-mère qui s’occupe de mes enfants en mon absence », explique-t-elle.

Cependant, tout n’est pas rose dans son travail. En tant que première conductrice, à son arrivée, elle était subitement confrontée à certains problèmes comme le manque de dortoirs pour femmes. Et face à la crise que traverser le chemin de fer au Mali,  la dame de fer du train invite l’autorité malienne à doter le chemin de fer de matériels nécessaires.

Et surtout cette forte conviction l’anime : « il n’y a pas de métier destiné aux hommes. Exercer ce métier constitue de la fierté pour une femme. »  Elle a d’ailleurs été rejointe par une deuxième conductrice !                                                                                                           

Mariam Diabaté

LAISSER UN COMMENTAIRE

Envoyer votre commentaire
Merci d'entrer votre nom