Accueil Bamako au rythme du Niger La sève nourricière Bréhima Dicko, lavandier : « Nous ne payons pas d’eau grâce au Niger »

Bréhima Dicko, lavandier : « Nous ne payons pas d’eau grâce au Niger »

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Bréhima Dicko sous le hangar en train de laver une moquette.

Bréhima Dicko est un lavandier. Depuis seize ans, il pratique ce métier qui, facilité par les eaux du fleuve, lui permet de subvenir aux besoins de sa famille.

Vivre dans la dignité! C’est la conviction de Bréhima Dicko. Originaire de Mopti, le quadragénaire nourrit une famille de trois personnes : sa femme et ses deux enfants. Arrivé à Bamako en 2002, il s’est lancé dans la lavanderie, un métier qu’il a appris depuis 1992 à l’étranger. Chaque matin, après le petit déjeuner, il arpente les rues de Badalabougou. De porte en porte, il va à la rencontre de ses clients, collecte les linges sales avant de se diriger vers le fleuve.

Sous un hangar délabré, une table improvisée faite avec des planchers sur des pneus superposés, Bréhima trie les habits. Munie d’un sceau rose, il démarre la lessive par les tapis, les plus difficiles à laver. Avec beaucoup d’eau et un peu de savon, Bréhima enlève les tâches. « Ici, nous avons l’eau en abondance et gratuit. Cela nous permet de gagner plus d’argent », indique-t-il. Ainsi, pour une moquette lavée à 5 000 francs CFA, Brehima gagne environs 4 000 francs CFA. « Je ne paie que le savon. Pareil pour les habits ou encore les tapis. »

« J’ai pu acheter un bœuf pour mon père »

Grâce à son métier il arrive à tirer son épingle du jeu et assiste même ses parents restés au village. « J’ai pu acheter un bœuf pour mon père. Aussi, je vis heureux car je ne quémande pas et je préserve ma dignité », explique-t-il.

Comme Bréhima, de centaine de lavandiers lavent aussi les linges au bord du Niger. De Kalaban-Coro à Moribabougou, ils ont aménagé des espaces le long du fleuve pour travailler en toute sécurité. Ils mènent leurs activités en petits groupes de cinq. « Le groupe nous permet de nous soutenir, de veiller les uns sur les autres et surtout de surveiller les habits lavés », décrit M. Dicko.

Ex-immigré, Bréhima sollicite l’appui des autorités à ce secteur « oublié ». Il regrette l’inexistence de ressources pour accompagner les lavandiers. « C’est un métier comme les autres. Et il doit être considéré comme les autres », plaide-t-il.

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