Accueil Bamako au rythme du Niger La sève nourricière Dianeguela : des bassins pour protéger le fleuve Niger ?

Dianeguela : des bassins pour protéger le fleuve Niger ?

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Yehia Mahmoud

Au centre de teinturerie de Dianeguela, des bassins ont été installés pour retenir les débris afin d’éviter de polluer le fleuve Niger. Reportage.

Au centre de teinturerie de Dianeguela, quartier populaire de Bamako, une dizaine des femmes y font de la teinture. Parmi elles, Mariam Koné. Âgée aujourd’hui de 28 ans, elle effectue ce travail depuis 12 ans. « Je suis venue ici depuis cinq heures, il n’y pas de clients », raconte-t-elle, avec une voix basse, visage crispé.

Dans le centre on peut apercevoir des bassins et des seaux en fer dans lesquels les femmes lavent des linges à l’aide des colorants.  Mariam porte des gants et tient aussi un bâton à la main pour tourner les habits une fois mis dans le seau.

Yehia Mahmoud

La concurrence chinoise

Puis, elle y ajoute de l’eau avant de la mélanger avec des colorants multicolores. Mais Mariam ne dira pas plus au sujet de ces sésames précieux. Depuis quelques temps, des Chinois tentent de copier leur savoir-faire, selon elle. « Sachez simplement que nous recourons à différents types de colorants, mais nous avons cessé de préciser nos matériels aux inconnus », lâche la jeune femme, méfiante.

Nous sommes aujourd’hui confrontées à beaucoup de difficultés »

Après le mélange, Mariam  sèche ses habits. Elle déverse de l’eau  qui part directement dans un bassin. Et il y a un canal pour conduire l’eau jusqu’au fleuve Niger.  Le bassin sert à garder  les déchets  pour ne pas  polluer Djoliba. « Une équipe est chargée de leur enlèvement dans le bassin », soutient-elle. Mais elle a affirmé ne pas connaitre la destination des débris.

Des barriques d’eaux sont posées ça et là pour effectuer le travail avec rapidité. « Malgré notre expérience, mes amies et moi, nous sommes aujourd’hui confrontées à beaucoup de difficultés.  C’est la raison pour laquelle la plupart d’entre nous ont abandonné ce travail », rappelle Mariam.

Au centre de teinturerie de Dianeguela, les temps sont durs. Il n’y a plus assez de travail pour tout le monde. Certains propriétaires ont fermé boutique depuis longtemps. La teinture ne nourrit plus son homme.

Yehia Mahmoud

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