Accueil Bamako au rythme du Niger La sève nourricière Sur les berges du Djoliba : Ouappa Koné, un maraîcher sans épargne

Sur les berges du Djoliba : Ouappa Koné, un maraîcher sans épargne

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Mohamed Salaha

Ouappa Koné est maraîcher depuis huit ans. Il s’est spécialisé dans la culture de la salade. Comment vit-il aujourd’hui de son métier sur les berges du fleuve Niger ?

Tapettes déchirées, mains usées par les arrosoirs, Ouappa Koné, 38 ans, dégage difficilement les eaux aux alentours de son champ. La crue de cette année a inondé une grande partie de son jardin d’un demi-hectare sur les bergers du fleuve Niger. « J’ai perdu plus de soixante plantes à cause des inondations », déplore-t-il, en pointant du doigt la zone submergée.

Celui qu’on appelle affectueusement « Oscar » travaille souvent plus de douze heures la journée. Malgré son dévouement, il réalise des maigres gains. « C’est comme du tombola,  regrette-t-il. Pas de revenu fixe. »Ouappa Koné est ainsi contraint de solliciter régulièrement des aides pécuniaires aux proches pour « combler des trous ». « Ce métier ne me permet pas de gagner ma vie. »

Pas d’épargne

Son revenu mensuel grimpe parfois jusqu’à 100 000 franc CFA, soit 153 euros environ. Ouappa Koné n’a jamais ainsi économisé un rond depuis qu’il s’est lancé dans ce métier. « Tout ce que je gagne repart dans mes problèmes quotidiens », se désole-t-il. Il vit au jour le jour. Le maraîcher peut beau aménager tous les mois cinquante planches, des clients se font rares.

Marié, Ouappa dépense 50 000 francs CFA tous les mois pour la nourriture de la famille. Quelque 15 000 autres de sa recette mensuelle couvre la scolarité de ses enfants.

Le prix du loyer constitue cependant un réel casse-tête pour ce père de famille. Il l’aborde avec plein de frustration. « J’épargne avant la fin du mois 30 000 francs CFA pour payer ma maison », confie-t-il. Ouappa Koné réserve les 5 000 francs CFA de son gain pour la « gestion des imprévus ».

Un beau jour dans ma carrière

En attendant la décrue pour récupérer son espace envahi par le fleuve, Ouappa Koné regrette « la perte d’une soixantaine de ces plantes cette année. Il est également loin l’époque où des journées étaient plus souriantes pour le maraîcher.

« Je me rappelle comme si c’était hier. Un jour j’ai gagné plus de 20 000 francs CFA », raconte-t-il, avec sourire. « Ce sont des occasions qui arrivent désormais rarement », conclut-il.

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