Accueil Bamako au rythme du Niger A Bamako, l’eau du Niger facilite la teinture à des femmes

A Bamako, l’eau du Niger facilite la teinture à des femmes

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Au bord d’un canal à Dianeguela, dans la commune VI du district de Bamako, des femmes font de la teinture. Cette activité, facilitée par ce cours d’eau qui prend sa source au fleuve Niger, permet à ces femmes de nourrir leur famille.

« Sans ce canal et le métier de teinture, ma vie serait un véritable calvaire », explique Fatoumata Haïdara, la cheffe des teinturières. Mère de quatre enfants, la quadragénaire nourrit sa famille grâce à ce métier.

Le bord du canal est choisi pour plusieurs raisons. D’abord parce qu’il réduit le coût de la teinture, en permettant aux femmes de pomper directement de l’eau du canal. Ensuite parce qu’il permet l’évacuation des eaux usées « grâce à un système d’épuration », selon Fatoumata Haïdara.

Créé en 2011 par l’Unesco en partenariat avec l’Union européenne, le centre de teinturerie artisanale de Dianeguela a été conçu spécialement pour l’autonomisation des femmes. Ces dernières étaient près de 100 au lancement du projet.  Aujourd’hui, elles ne sont plus qu’une dizaine à teindre à la main le bazin, tissu prisé des Maliens.

« En dépit du faible taux d’affluence de la clientèle, nous parvenons à tirer notre épingle du jeu. Souvent on peut gagner 10 000 F CFA par jour. Dès fois, rien du tout. C’est une question de chance », affirme Fatoumata Haïdara, souriante. Et d’ajouter : « Nous gagnons un peu plus que nos consœurs qui travaillent à la maison. Car elles sont obligées de payer de l’eau pour travailler.« 

« Une gestion calamiteuse »

L’Unesco, après avoir créé le centre pour soulager les teinturières, a initié des séries de formations en gestion. L’enjeu principal était d’accroitre le bénéfice des teinturières tout en réduisant les risques de maladies du métier et l’impact environnemental.

Une association a ensuite été créée pour gérer le centre et faciliter la pérennisation. Mais elle n’est plus fonctionnelle à cause des conflits d’intérêts entre ses membres. « Maintenant, c’est un peu l’anarchie. Si rien n’est fait, le centre risque de ne plus être opérationnel à cause de la gestion calamiteuse », prévient Fatoumata Haïdara.

Les teinturières, relogées dans le centre, opéraient directement dans le lit du fleuve Niger. Elles ont été déguerpies par les autorités municipales car leurs activités polluaient Djoliba et les exposaient aux maladies liées aux produits chimiques. Désormais, elles ont obligé de regagner le centre ou de travailler à domicile. Toutes sont tenues de respecter les  conditions d’hygiènes définies par la mairie.

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