Accueil 1er Mai 2018 Mali : qui est IIladi Ag Alla ?

Mali : qui est IIladi Ag Alla ?

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Entrée de Kidal

 

A Tamanrasset, en Algérie, une figure de la rébellion touarègue de 1963 contre le Mali est décédée ce 29 septembre à la suite d’une maladie.  Ses proches le présentent comme une icône  de la cause touarègue et un justicier  toute sa vie durant. Rétrospectif sur la vie mouvementée d’un homme  dont l’influence demeure.

Au sein de la communauté touarègue, la disparition d’Illadi Ag Alla est synonyme d’un grand vide.« Personnalité d’honneur des mouvements rebelles » , « une icône éprise de  justice pour tous » , les qualificatifs ne manquent pas pour designer celui qui est considéré comme l’opposant principal de l’administration malienne dans l’Adrar des Ifoghasse.

Né à Kidal, dans la zone de Boghassa, Illadi est le fils d’Alla Ag Albacher, résistant touareg contre le don d’impôt aux français. En 1954, sa vie bascule, alors que  le soudan est sous l’administration française. Son père  est tué par  les français,  aidés des gommiers.  Une période obscure pour le jeune adolescent. Quelques années plus tard, en  1963, une altercation l’oppose à deux gommiers. Ce fut le début de la rébellion touarègue contre le jeune État malien. « Contrairement à ce qu’a dit RFI, Illadi ne les a pas tués mais les a désarmés. Ce fut l’acte déclencheur », raconte Abdallah Ag Kazina, vice-président de l’Autorité intérimaire de Kidal, qui avait connu l’homme de son vivant. « En plus de la mort de son père, les gens n’étaient pas préparés au nouvel État malien », ajoute Ilad Ag Mohamed, porte-parole de la Coordination des mouvements de l’Azawad.

La révolte  est réprimée dans le sang  par le pouvoir malien. Illadi est par la suite arrêté lors des combats, puis emprisonné à Bamako. Mais peu de temps après, il s’évade et se retrouve en Algérie, gardant toujours son militantisme armé. « Il était impliqué dans toutes les rebellions nées depuis 1963 jusqu’à celle de 2012. Tout le monde a eu à travailler avec lui », témoigne Iknane Ag Hamed Ahmed, notable de la  région de Kidal.

Parmi ses « collaborateurs », un certain Iyad AG Ghaly, un de ses proches parents et actuel chef du groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM). Ce dernier se serait d’ailleurs inspiré d’Alladen pour déclencher une deuxième révolte dans le nord du Mali, en 1990. « C’est lui (Alladen, ndlr) qui est à la base de cette rébellion,  mais les jeunes de cette époque l’ont  supplanté, sans  l’écarter tout de même », rappelle Iknane, le qualifiant d’« idéologue.»

Lors de la rébellion de 2012, il a été d’un précieux conseil pour les rebelles, revenus de Libye, sans toutefois être au-devant de la scène. « Il est resté en marge, sans activisme.  C’est possible qu’il ait travaillé dans l’ombre mais pas au-devant », souligne Ilad Ag Mohamed.

Un justicier

Ceux qui l’ont connu, lui reconnaissent une totale allergie au banditisme. « Il a eu à intervenir seul pour arrêter les voleurs et rétablir la quiétude entre les populations, mais il n’était pas dans les structures de la CMA », a poursuivi le chargé de communication de ce mouvement signataire de l’accord pour la paix. « Il a toujours œuvré pour la sécurité de la zone dans laquelle il est. Il ne tolère pas le  petit banditisme et le vole, je l’ai connu comme cela », ajoute Abdallah Ag Kazina de l’Autorité intérimaire de la région.

Illadi Ag Alla était le père de  Zeina, la veuve de Cheick Ag Aoussa mort en 2016 dans des circonstances encore troubles.

Comme une ironie du sort, la  mort de ce personnage intervient à un moment où des groupes armés sont liés avec le Mali par un accord pour la paix.

Marqué par la répression de 1963, Illadi passa une grande partie de sa vie entre Tamanrasset et Boghassa, son fief natal.

 

 

 

 

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